LA MER ÉTERNELLE.
1/3 : ESSENCE DU PARFUM
La mer Méditerranée abrite ses propres obscurités.
Un romarin maritime, un patchouli terreux, un encens minéral.
Découvrir le coeur de la mer, mais impossible de résoudre l’énigme : une certaine idée de l’éternité.
Les vagues s’échouent sur notre peau qui devient une mer intérieure.
2/2 : LECTURE OLFACTIVE
Le parfum Acqua di Gio est la ligne iconique de Giorgio Armani composée par Alberto Morillas. La déclinaison Profumo nous plonge en mer Méditerranée, mais avec une surprenante sensation d’obscurité.
Le romarin habite les rivages méditerranéens, son odeur camphrée et boisée renferme un soleil méditerranéen. Le patchouli apporte quant à lui un vertige terreux qui nous entraîne en profondeur dans cette eau mystérieuse. L’encens sublime cette mer énigmatique. Son souffle fumé apporte une fraîcheur minérale qui côtoie le mystique.
Acqua di Gio : Profumo n’est pas seulement un parfum qui sent la mer. Cette déclinaison assombrit son éclat solaire comme une révélation mystique. Celle d’une mer qui s’est écrite avec l’Histoire, avant de pouvoir s’échouer sur notre peau.
3/3 : ESSAI OLFACTIF
LA MER ÉTERNELLE.
Tout a commencé par la mer. C’est notre pays commun. Elle communique avec nos terres jusqu’à y définir leurs formes. Les identités se sont écrites à l’encre de l’eau. Notre continent liquide a composé le monde sur le mouvement des vagues. Les pourtours très escarpés de la Méditerranée lui ont doté d’une histoire si particulière, entre échanges, conflits, civilisations.
La couleur de son eau se confond avec le bleu du ciel. Une couleur commune à un théâtre antique naturel. L’odeur est la dernière composante qui peut l’accompagner vers une certaine idée de l’éternité.
Alberto Morillas projette de nous faire (res)sentir les imbrications marines de notre monde par le parfum Acqua di Gio : Profumo.
La gamme parfumée Acqua di Gio de la maison Giorgio Armani est l’une des plus vendues au monde, tant les vacances attendues par chacun coïncident avec ses notes méditerranéennes. La mer est toujours notre horizon, malgré l’hostilité de son territoire aqueux.
Cette collection contient autant de variations que de manière de lire ces vagues olfactives. La déclinaison Profumo nous fait naviguer en eaux sombres. Une Méditerranée qui abriterait un secret ténébreux, un coeur qui a fait sanctuariser la mer à travers les âges.
L’obscurité s’invite sur le flacon, par un noir transcendant qui fait germer paradoxalement un océan luxueux. En contraste le gris du pulvérisateur augure une odeur minérale de vagues qui s’échouent inlassablement sur les rives. Le plus important se déroule ailleurs, au coeur de l’eau. Le combat entre fraîcheur et ténèbres nous invite à voir au-delà de la surface.
L’illumination de cette eau de parfum est de nous faire voir le soleil. Il dialogue avec la mer pour faire sentir leur écho dans un théâtre antique, qui se répète à l’infini. Il cache momentanément cette obscurité qui nous attend. Des senteurs marines qui poussent telles des plantes.
Le romarin est cette plante héritée des époques antiques originaire des pourtours méditerranéens. Cette « rosée des mers » n’entend pas pousser ailleurs que sur les rivages méditerranéens. Son odeur si caractéristique, tant herbacée que camphrée, se marie avec le sel maritime. Ses aiguilles s’érigent sur cette peau marine d’où s’échappent des effluves mielleuses.
La nature paraît indifférente face aux humains. Ils sont submergés par ces vagues olfactives, comme venues d’ailleurs. Cette plante est la garde-frontière entre terre et mer avec un degré de cohabitation.
Le territoire aqueux n’atteint pas certains territoires irréductibles. Le patchouli n’est pas concerné par le voisin maritime. Son odeur terreuse fait résistance. Il constitue une forêt humaine. Il appartient à la même famille que le romarin : les Labiacées. Ils ne sont pourtant pas originaires de cette même région du monde : le patchouli a navigué depuis une terre venue d’ailleurs. Cette plante étrangère semble pourtant connaître cette présence terreuse du coeur de la mer. Il n’y a toujours pas de réponse à ce secret, seulement des esquisses éparses.
Une émanation s’échappe du flacon. Ce n’est pas seulement le romarin qui mute en encensier provençal. C’est l’encens qui apporte une fraîcheur élevée au rang liturgique. L’antique s’assimile au divin. Il traverse les époques sous forme de fumée marine qui se mêle aux notes végétales.
Quelque chose gît au fond de la mer, une obscurité qui a toujours été là, autour de nous. Ce parfum étend cette expérience : sur nous, puis en nous. Ce théâtre souterrain fait des vagues sur notre peau.
La mer ne se résume pas à la chaleur et à ses vagues, elle est plus complexe, plus sombre, plus vivante, au-delà de la simple image bleue.
Nous connaissons l’existence d’un secret gisant au coeur de la mer, qui définit son être depuis la nuit des temps. La révélation du parfum est de suffisamment nous en faire sentir ses contours, sans jamais l’atteindre. Il demeure inconnu, ne laissant apparaître que quelques révélations olfactives : vers nos vagues intérieures.
L’Histoire fait son oeuvre sur Terre, mais aussi sur Mer : plus exactement, elle lui fait don d’éternité. La mer appartient à un temps plus ancien à l’Histoire : une solution au temps.
N’oublions pas qu’un parfum est avant tout une solution aqueuse.